Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /Sep /2007 00:55

J'aime pas les supporters. J'aime pas ces foules plus ou moins nombreuses, qui crient, chantent et s'enflamment à la moindre occasion, au moindre geste original, à la moindre faute. J'aime pas ces hommes gras, bavards et bruyants, fiers de leur équipe comme de leur ventre. J'aime pas ces beaufs qui croient tout savoir, qui croient tout connaître de leur sport, et mieux connaître leur équipe que quiconque. Je n'aime pas non plus ces solitaires bougons qui deviennent sociables le temps d'un match, avec leurs voisins. J'aime encore moins ces jeunes qui se disent ultra pour se démarquer des générations précédentes, et qui se prennent au sérieux au point de se cacher derrière des écharpes lorsqu'ils chantent en coeur. D'ailleurs je ne vois aucun intérêt à chanter, à s'égosiller pour du sport, à se déchirer la voix pour encourager des gars qui courent après un ballon. Sauf que sans eux, un stade paraît mort : paradoxal?

J'aime pas les supporters. J'aime pas ces personnes qui achètent un abonnement et qui se plaignent constamment. J'aime pas ces hommes qui ont besoin de leur défouloir bi-hebdomadaire pour évacuer la frustration de leur petite vie quotidienne ennuyante. J'aime pas ces types qui connaissent tout le monde, qui sont ici pour être quelqu'un. Qui ont besoin du stade pour obtenir une reconnaissance sociale.

Ils sont gros ou maigres, sportifs ou indolents, jeunes ou vieux. Ils quittent leurs femmes une fois par semaine pour retrouver les "copains" du stade. Ils ont besoin de leur taux de testostérone hebdomadaire pour se sentir des hommes, virils.

Ils appellent les joueurs par leurs prénoms, ils ont l'impression que ceux-ci les aime. Ils croient que sans eux l'équipe ne peut rien faire, illusion sans cesse renouvellée par la langue de bois qui ronge le sport moderne. Ils croient tous savoir des joueurs, tous savoir du club, mieux le connaître que le président ou l'entraîneur. Ils ne comprennent jamais ce dernier, passent leur temps à le critiquer. Et, lorsque par miracle tout va bien, alors on l'encense. Mais cela ne dure jamais vraiment longtemps. La moindre anecdote, la moindre parole, le moindre dérapage est monté en boucle, commenté des heures durant, débattu sur les sites et les forums, montés en épingle comme un pain quotidien sans lequel ils ne pourraient être rassasiés. 

Ils sont bêtes et méchants, intelligents et passionnés, doux, encenseurs et fayos, orgueilleux et cassants, irréfléchis, ironiques et incompétents. Mais, d'une manière générale, les tribunes sont surtout pleines de cons.

Par Nickola Sarckozi
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Jeudi 13 septembre 2007 4 13 /09 /Sep /2007 00:13

J'aime pas les blogs. J'aime pas cette façon de se mettre en scène, de se rendre intéressant. J'aime pas cette façon de raconter sa vie, comme pour exorciser une frustation existentielle. J'aime pas cette façon de vivre sa vie à travers d'extravagants résumés de son après-midi somme toute d'une banalité éxécrable. Je déteste l'outil blog qui permet à n'importe quel individu dénué de volonté d'accomplir ses rêves, de rencontrer des gens du monde entier, de voyager même, le tout sans bouger son cul de sa chaise. Le jour où il en tombera, personne ne viendra le ramasser.
J'aime pas ceux qui lisent les blogs des gens qu'il connaissent pas, ne vous en déplaise. J'aime pas ceux qui voient la vie des autres défiler sans la moindre appréhension, sans le moindre sentiment de voyeurisme. J'aime pas ceux qui convoitent, ceux qui se rincent l'oeil, ceux qui n'ont rien à faire d'autre devant leur ordinateur.

J'aime pas les blogs. Je déteste toutes ces petites étoiles, ces pseudos et ces titres pleins de "X", de "star", "fun" ou de "wesh du 93". Je déteste cette façon de se donner un genre, un style à travers un pseudonyme, comme on se donne un genre à travers son habillement. J'en ai marre de ces diminutifs "mon chou" ou "ma mignonne", de ces adjectifs "canon" ou "trop bonne", de ces chutes en cul-de-poule "jtaime" ou "jte kiff", et plus généralement de cette putain d'habitude de réduire la langue française à un texto géant: je n'ai - et n'aurai jamais - aucun respect pour ceux qui ne respectent pas l'orthographe française. J'aime pas les blogs roses, avec des étoiles un peu partout, avec des dessins créés par amoncellement de signes de ponctuation et autres divers signes délaissés du clavier. J'aime pas ces successions de phrases en italiques, en gras, en italique de nouveau, ces successions de phrases pronominales toute les quatres lignes, séparées par des points de suspension et des guillemets. J'aime pas tous ces "cliquez ici" inutiles, autant de liens vers d'autres blogs d'une égale médiocrité, symbôle d'une réussite et d'un succès social qui n'ont pour réalité que des micro-composants et des circuits imprimés. 

J'aime pas skyblog, je déteste skyblog, je hais skyblog. Mais j'ai un immense respect pour ses dirigeants: ils ont été visionnaires. C'est pour ça qu'aujourd'hui skyblog est rongé par l'argent, la publicité, la concurrence malsaine, l'exhibition personnelle et une médiocrité ambiante. C'est un peu le reflet d'une partie de la société française.

Par nickola çarckozi
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